Tambacounda, l’essor d’un carrefour de bétail
Olivier Ninot

Principale ville du sud–est sénégalais (80 000 habitants environ), située au coeur d’une vaste région d’élevage et sur l’axe routier et ferroviaire qui relie Dakar à Bamako, Tambacounda abrite le deuxième plus important marché à bétail du pays. Il reçoit les bovins, caprins et ovins de tout l’Est sénégalais, depuis les bords méridionaux du Ferlo au nord jusqu’aux zones infectées par la trypanosomiase au sud. Mais il est aussi le point d’entrée privilégié du marché de consommation national pour des éleveurs maliens et mauritaniens transitant par la région de Kayes.

Tambacounda polarise une zone d’élevage bien différente du reste du Sénégal du fait de la trypanosomiase. Le cheptel, résistant à la maladie du sommeil, est composé exclusivement en Casamance de bovins ndama et dans le Sénégal Oriental de ndamas, de djakorés et de quelques zébus. Les ovins/caprins sont plus petits que dans le Nord.

Cette spécificité animale se répercute sur la structure du marché, qui fonctionne de manière endogène.

Tambacounda est le débouché principal de la région et le point de rencontre des flux provenant de la Casamance et de marchés spécifiques comme Kafori, Diaobé, Médina Gounass. Cette ville profite du commerce transfrontalier du bétail, notamment lors de la Tabaski. En novembre 2008, Tambacounda a reçu 59 000 moutons du Mali, ce qui constitue un record. L’année précédente, elle en avait reçu 41 000.

Vente de bétail dans le daral bovin de Tambacounda

Vaches ndama au sud de Vélingara

Pour en savoir plus :

Duvergé A., 2006, Quel avenir pour la filière viande bovine au Sénégal ? Étude d’un circuit long de Tambacounda jusqu’à Dakar, Istom, 105 p.