Présentation du projet Icare

L’Afrique connaît depuis 2000 une ouverture accélérée de ses marchés, liée à la signature d’accords internationaux et au renforcement de l’intégration régionale.

Cette internationalisation des échanges, qui engage une fraction croissante des économies africaines dans la concurrence mondiale, est pour ce continent un processus à double tranchant. Du point de vue de la consommation, l'ouverture commerciale facilite l’approvisionnement des villes en denrées de base et en produits transformés, mais elle est également une source potentielle d’insécurité alimentaire en raison des risques de brusques variations des prix à la hausse. Du point de vue de la production, l’internationalisation des marchés offre de nouvelles opportunités à l’exportation pour les agricultures africaines, mais la concurrence accrue des importations fragilise les productions locales sur les marchés domestiques.

Cette configuration nouvelle, porteuse d’espoirs comme de craintes, induit de nouvelles questions de recherche, en particulier dans le secteur de l’élevage.

Le projet Icare a été mené de 2007 à 2009, Il visait à saisir l’impact de l’internationalisation des marchés sur le déve­loppement territorial dans les régions d’Afrique où l’éle­vage joue un rôle structurant. Plusieurs études de terrain ont été conduites au Sénégal, au Mali, en Éthiopie, et au Somaliland, dans des régions où l’élevage des ruminants constitue un des piliers des économies et des territoires. Les objectifs étaient triples : affiner les constats, dévelop­per des méthodologies d’analyse adaptées, formuler des recommandations politiques.

Le projet Icare a été financé et coordonné par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Il s’est appuyé sur la participation de nombreux partenaires : universités, centres de recherche nationaux et internationaux, institutions de développement. Parmi eux, le projet a travaillé en particulier avec l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), le Pôle pastoral zones sèches (PPZS), l’Institut d’économie rurale (IER), l’International Livestock Research Institute (Ilri) et le département de géographie de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis au Sénégal.

Guillaume Duteurtre

Coordonnateur du projet Icare