Le développement des marchés hebdomadaires
Olivier Ninot

Le commerce de bétail fut à l’origine de nombreux marchés ruraux hebdomadaires dans les années 1950-60. Il a ensuite bénéficié de leur multiplication, en lien avec le développement du petit commerce de biens de consommation et avec la privatisation de la commercialisation des produits agricoles, au cours des années 1980 et 1990. Aujourd’hui hiérarchisés, connectés les uns aux autres par les marchands et les transporteurs, organisés en circuits, les marchés ruraux hebdomadaires sont les principaux et les premiers lieux de mise en vente du bétail.

Le loumo, c’est, une fois par semaine, la ville à la campagne. Le marché polarise un groupe de villages, où il assure la distribution finale des biens de consommation et la collecte primaire des productions agricoles.

L’accès aux marchés reste encore très inégal. Les faibles densités humaines du Ferlo et de la Haute-Casamance (inférieures à 30 hab. au km²) se reflètent dans celles des marchés. L’offre commerciale se limite très souvent à un marché tous les 20 kilomètres.

Il existe une « diagonale du vide » sénégalaise, allant plus ou moins du delta du Sénégal jusqu’à Kédougou. Les réserves naturelles du Sud et Nord Ferlo représentent un vide infrastructurel de plus de 11 000 km², et donnent un avantage au marché de Dahra, qui polarise un gigantesque espace pastoral.

Où va un éleveur pour vendre ?

Un éleveur peut envisager plusieurs lieux de vente. Le facteur distance est décisif. Plus il va loin, plus le gain espéré de sa transaction doit être important et plus le risque de ne pas rentrer dans ses frais augmente. Son espace de vente s’organise entre :

  • le campement ou le forage
  • le loumo
  • les marchés urbains périphériques et les grands marchés de regroupement comme Dahra
  • les grands marchés de consommation (Dakar, Thiès, Touba). Il ne s’y rendra en pratique qu’en de rares occasions comme la Tabaski.

Une rue de Niassanté le jour du marché

La même rue le lendemain

Pour en savoir plus :

Ninot O., Lesourd M., Lombard J., 2002, « Nouveaux espaces, nouvelles centralités : échanges et réseaux en milieu rural sénégalais », Historiens et Géographes, (379), pp. 141-152.