Les circuits régionaux de commercialisation
Géraud Magrin

La géographie des flux de bétail en Afrique de l’Ouest traduit les gradients écologiques et du développement : les steppes des États sahéliens pauvres fournissent les zones de plantation forestière plus riches suivant une direction dominante nord/sud, intérieur/littoral. Cette structuration inscrite dans les anciens échanges méridiens forêts/savanes a été amplifiée par la croissance des métropoles côtières et l’augmentation des troupeaux au Sahel. Mais des nuances compliquent parfois ce schéma : les races animales circulent aussi selon une logique est/ouest ; surtout, les conflits (en Côte d’Ivoire, en Guinée) imposent aux déplacements d’animaux sur pied ou en camions des réorientations imprévues.

Autour du Sénégal, le Mali et la Mauritanie sont de grands producteurs d’animaux. Si un marché intérieur existe dans ces deux pays, une grande partie des bêtes est acheminée vers le Sénégal et plus particulièrement vers Dakar.

D’une année sur l’autre comme au cours de l’année, les flux transfrontaliers de bovins connaissent de fortes fluctuations.

Le difficile passage de Kayes-Kidira

Kayes est le dernier marché malien et Kidira est la première ville sénégalaise sur l’axe Dakar-Bamako. Ce tronçon Kayes-Kidira est considéré comme l'étape la plus redoutable pour les transporteurs de bestiaux. Il y a environ neuf points de contrôle où il faut payer au total entre 27 000 et 40 000 Fcfa. Une fois à Kidira, il faut s'acquitter de la TVA de 5 500 Fcfa par tête. Cette taxe est critiquée par les commerçants, qui y voient un obstacle aux échanges entre les deux pays. Les autorités sénégalaises la justifient car le Mali reçoit sur son territoire du bétail mauritanien (hors Uemoa), vendu par la suite au Sénégal. À ces frais s’ajoutent encore divers prélèvements sur le reste du parcours de Kidira à Dakar.

Pour en savoir plus :

Guibert B., Banzhaf M., Soule B., Balami D., Ide G., 2009, Étude régionale sur les contextes de la commercialisation du bétail : accès aux marchés et défis d'amélioration des conditions de vie des communautés pastorales, SNV/IRAM, 119 p.